Les structures d’accueil collectives (maison de retraite, foyer ou résidence sociale, service de moyen ou long séjour…) ne concernent qu’une faible partie de la population âgée. En 2013, 98 % des personnes âgées de 65 à 79 ans et 92 % des plus de 80 ans habitent un logement ordinaire.

De petits ménages dans de grands logements

Le territoire métropolitain compte 200 520 résidences principales. Un quart d’entre elles sont occupées par des ménages dont la personne de référence est âgée de plus de 65 ans.

Taux des ménages de 65 ans et + habitant un T4 et +.

Source : insee RP 2012

Logiquement, par rapport aux caractéristiquesdu parc de logement sur le territoire, la majorité des personnes âgées habitent en appartement (68 %). Toutefois, on note, pour ce public, une plus grande part de personnes résidant en maison (30 % contre 22  % pour l’ensemble de la population), conséquence de parcours de logement qui amènent les plus âgés vers l’habitat individuel dans les communes de 2nde ou 3ème couronne de la métropole (Champagnier, Montbonnot…).

Les ménages âgés sont nombreux à occuper de grands logements : seuls 6 % des ménages de plus de 65 ans habitent des logements de moins de 40 m², soit moitié moins que l’ensemble des ménages, et 14 % habitent un T1 ou un T2 alors que ce type de logement concerne un ménage sur quatre dans la métropole. À l’inverse, 61 % des ménages âgés occupent un T4 ou plus (contre 51 % en moyenne pour l’ensemble des ménages). Cet écart entre taille du logement et nombre d’habitants a plusieurs motifs : l’attachement à son  logement, le besoin d’espace qui perdure après le départ des enfants par habitude et/ou dans l’objectif de pouvoir accueillir la famille, ou encore le manque de possibilité de mutation, notamment dans le parc social.

Dans ce registre, les disparités entre communes sont fortes : tandis qu’un peu moins de la moitié des ménages âgés occupe un T4 ou plus à Grenoble, c’est le cas de plus de 85 % d’entre eux dans les petites communes de Corenc, Bresson, Herbeys, Brié-et-Angonnes, Saint-Georges-de-Commier, Saint-Paul-de-Varces…

 

Plus souvent propriétaires

Près de trois ménages âgés sur quatre sont propriétaires, contre un sur deux pour l’ensemble de la métropole. Moins locataires du privé, les plus de 65 ans sont à peu près aussi nombreux que le reste de la population dans le parc social : 14 % contre
16 % de l’ensemble des ménages.

Taux des ménages de 65 ans et + propriétaires.

Source : insee RP 2012

Comme pour l’ensemble des ménages, le statut d’occupation des ménages âgés est un indicateur qui distingue assez nettement la ville-centre et sa 1ère couronne des autres communes. En effet, si les seniors sont 65 % ou moins à être propriétaires de leur logement au Pont-de-Claix, à Échirolles ou à Saint-Martin-d’Hères, ils sont 100 % à Sarcenas, Montchaboud et Mont-Saint-Martin.

Grenoble-Alpes Métropole est dans le top 3 des métropoles de comparaison ayant le taux de propriétaires le plus important chez les personnes âgées. Seulement dépassée par Rennes et Nantes, elle se situe loin, devant les métropoles de Strasbourg, Saint-Etienne ou Rouen. 

 

Une très faible mobilité résidentielle

Plus de 8 ménages âgés sur 10 habitent dans le même logement depuis plus de 10 ans contre moins d’un sur deux en moyenne. Par ailleurs, seuls 4 % de ces ménages (1 740 ménages) ont déménagé au cours des deux dernières années. Cette moindre mobilité s’accentue avec l’âge : les personnes de plus de 80 ans sont seulement 3 % à avoir changé de logement sur la période. Les résistances au déménagement sont nombreuses : attachement fort au logement et au quartier,  coûts de loyer contenus au vu de la surface habitée, notamment dans le parc social ancien, mais aussi état de santé physique et/ou psychique qui limite la mobilité. Cette immobilité a deux conséquences pour les politiques de l’habitat : d’une part, penser l’adaptabilité des logements neufs et accompagner l’adaptation du logement et, d’autre part, anticiper les mutations et déménagements de manière préventive, avant les premiers signes de perte d’autonomie. Enjeux d’autant plus importants que l’inadaptation des logements peut freiner l’accompagnement à domicile de la perte d’autonomie.

Des problématiques d’accessibilité différentes selon les territoires de la métropole

En milieu rural, la question de l’accessibilité des logements est liée à celle de la dispersion de l’habitat, et donc des distances à parcourir. En milieu urbain, elle renvoie davantage au bâti. Si les ménages âgés qui occupent un appartement habitent plus fréquemment dans des immeubles équipés d’un ascenseur (67 % contre 57 % en moyenne), ils sont 33 % à ne pas en bénéficier. Pour autant, l'ascenseur n'est pas synonyme d'accessibilité parfaite. Certains sont séparés de quelques marches ou desservent deux étages. Autre point de vigilance : à Grenoble, 40 % des plus de 75 ans vivant au nord de la ville occupent un logement datant d’avant 1946, présentant donc le risque d’une moindre accessibilité.

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