Dynamiques démographiques familiales en France et à l'échelle de la région grenobloise   

Le Haut Conseil de la Famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA), qui est un membre partenaire de France Stratégie, a produit un « Panorama des familles d’aujourd’hui » paru le 28 septembre 2021¹ . Celui-ci propose un portrait des familles « dans leur diversité » et apprécie les difficultés auxquelles elles se confrontent, « notamment celles auxquelles les pouvoirs publics n’auraient à ce jour pas, ou insuffisamment, apporté de réponse »²  .  

 

 

Baisse du nombre de naissances depuis 10 ans  

 

En France, compte chaque jour environ 2 000 nouveau-nés (15 dans le territoire de Grenoble-Alpes Métropole). Entre 2010 et 2020 le nombre de naissances en France a diminué de -100.000, passant de 830.000 à 730.000. Soit -13 % de naissances en moins sur la période, une baisse identique à celle enregistrée sur le territoire de GAM (passage de 6 100 naissances à 5 400). Depuis 2020, après une baisse conjoncturelle des naissances lors du premier confinement, l’année 2021 a vu l’effectif de nouveau-nés réaugmenter à nouveau.  

La baisse du nombre de naissances s’est accélérée depuis 2014. La baisse de la fécondité en est le premier facteur, précisément celle des femmes âgées entre 15 et 24 ans. A l’inverse, les femmes âgées de 35 à 39 ans ont vu leur taux de fécondité augmenter légèrement jusque 2015. L’allongement de la durée d’étude, l’instabilité de l’entrée en « vie active » post-étude, et le désir croissant des jeunes couples de passer du temps à deux avant l’arrivée des enfants sont les principaux facteurs d’explication de ce décalage du calendrier des naissances.  Par conséquent, l’âge moyen à l’accouchement augmente, passant de 30 ans à 31 ans entre 2010 et 2020. 

Face à cette baisse du nombre de naissances, on observe en France une accélération du nombre de décès. Les deux courbes pourraient se croiser à partir de 2021.  

La Métropole Grenoble-Alpes présente un taux de natalité en 2018 légèrement supérieur à la moyenne des métropoles françaises (12,2 contre 12,0). On observe globalement une gradation par effectif total de la population : à l’exception d’Orléans, les métropoles qui affichent les taux de natalité les plus élevés sont aussi les plus peuplées (Grand Paris, Lyon, Orléans, Toulouse, Strasbourg, Aix-Marseille-Provence, Nantes).  

 

Évolution des façons de « faire famille » 

 

Depuis 2006, les naissances hors mariages sont majoritaires et la tendance se poursuit : 62 % des enfants nés en 2020 sont nés hors mariage, contre 50 % dans les années 2000. Plus largement, la façon de constituer une famille n’est plus autant que dans les années 60’ marquée par la prégnance de la « famille nucléaire », composée d’un couple biparental et de d’enfant(s) issus du couple. Les statistiques attestent de l’apparition de nouvelles formes familiales : homoparentalité³ , monoparentalité⁴, recomposition⁵. 

Depuis 30 ans le nombre et la proportion de familles monoparentales augmente mais cette croissance ralentit sur la période récente. Une famille sur quatre est concernée par la monoparentalité en France, dont 83 % sont des mères avec enfant(s). Cette proportion est légèrement plus élevée au sein des grandes agglomérations, et s’élève ainsi à 28 % pour Grenoble-Alpes Métropole. Cette proportion concerne 30.000 enfants dans le territoire (sur environ 115.000). Les parents monoparentaux sont en moyenne moins diplômés, moins souvent en emploi et vivent davantage dans un logement suroccupé. Le taux d’effort financier de ces ménages pour leur logement est également plus élevé. Ils sont surreprésentés dans les centres urbains, où se situent aussi les logements sociaux. En 2018, 41 % des enfants qui vivent dans un foyer monoparental vivent sous le seuil de pauvreté, contre 21 % de l’ensemble des enfants.  Au sein de Grenoble-Alpes Métropole, parmi les 30.000 enfants qui vivent au sein d’une famille monoparentale, 10.000 ont un parent éloigné de l’emploi. Cette proportion est plus élevée parmi les familles monoparentales « femmes » que dans celles des « hommes » : 35 % contre 24 %. 

Depuis 10 ans, la part de familles recomposées, encore difficile à observer statistiquement, reste stables (10 % des familles). La remise en couple est favorable au niveau de vie, particulièrement pour les anciennes mères isolées, mais les niveaux de vie affichés restent inférieurs aux familles nucléaires classiques « couples avec leurs propres enfants ». Cet écart s’explique par la taille des familles, car la recomposition constitue plus régulièrement des familles nombreuses (trois enfants ou plus) qu’un couple avec enfant(s) traditionnel.  

Chaque année, 400.000 enfants sont concernés chaque année par la séparation de leurs parents, soit environ 3% par an. Pour autant, contrairement aux idées reçues, le nombre de divorces est en baisse depuis 2005 (environ 110.000 par an). Cette tendance s’explique par la réduction du nombre de couples mariés. Inversement, l’augmentation du nombre annuel de PACS est corrélée à celle du nombre de PACS rompus. Chaque année on observe autant de PACS que de mariages, soit environ 200.000.  

Les couples avec leurs propres enfants restent majoritaires : plus de 2 enfants sur 3 vivent avec leurs deux parents, sans présence de frère ou sœur issus d’unions antérieures. Ces familles sont surreprésentées dans le péri-urbain, en périphérie des métropoles, tandis que les familles monoparentales sont davantage présentes dans les centres-urbains denses, et que les familles recomposées ressortent des petites communes.  

 

 

 

¹ HCFEA Conseil de la famille : Panorama des familles d’aujourd’hui Synthèse et Propositions – Rapport adopté par le Conseil de la famille le 28 septembre 2021. Ce rapport est une réponse à une demande de janvier 2021 du secrétaire d’état chargé de l’enfance et des familles 

² Par la suite, les citations entre « » seront toujours extraite du rapport en question  

³ L’homoparentalité désigne le lien de droit ou de fait qui lie un ou des enfants à un ou deux parents homosexuels. - Association des familles homoparentales

⁴ Une famille monoparentale comprend un parent isolé et un ou plusieurs enfants célibataires (n'ayant pas d'enfant). - Insee 

⁵ Une famille recomposée comprend un couple d'adultes, mariés ou non, et au moins un enfant né d'une union précédente de l'un des conjoints. - Insee

Regards Croisés Enfance – Famille – Education à paraître en 2022