La culture : un secteur économique à haut potentiel ?

source : Données ESEAC / Le poids et le rôle de l’ESS dans le champ sport et Loisirs par Amélie Artis, Sciences Po Grenoble (données INSEE CLAP 2014)

L’économie culturelle portée par le secteur associatif

Dans la métropole, plus de 85 % des établissements culturels et 43 % des effectifs salariés relèvent de l’économie sociale et solidaire (ESS). Et ces
« établissements » sont presque exclusivement des associations à une exception près (une coopérative culturelle). Avec une taille moyenne de 1,5 salariés, ces associations sont plus petites que les autres entreprises culturelles, hors ESS. La part des équivalent temps plein (ETP) parmi les salariés y est toutefois plus importante, mais avec une distribution des revenus assez similaire. Pour résumer, les associations culturelles emploient donc peu de personnes pour un nombre d’heures par semaine élevé, mais avec un niveau de rémunération équivalents aux revenus des autres entreprises culturelles.

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Le secteur de l’Économie sociale et solidaire (ESS) regroupe les entreprises privées collectives telles les coopératives, les associations, les mutuelles et entreprises assimilées (au sens de la loi sur l’ESS, 2014) qui développent une activité économique. Pour appartenir au champ de l’ESS, les structures types associations doivent employer au moins une personne. Sur le territoire grenoblois elles représentent 12,2 % des entreprises.

QU’EST-CE QUE L’ESS ?

Les emplois culturels et de loisirs diminuent dans la Métropole

source : Insee

Au total, tous types d’employeurs confondus, en 2015, 4 900 actifs résidant dans la Métropole de Grenoble travaillent dans les métiers de la culture et des loisirs. 44 % d’entre eux ont un statut de cadre. La culture fait partie des « fonctions métropolitaines », c’est-à-dire les fonctions qui contribuent au rayonnement et à l’attractivité des grands pôles urbains. Elle représente 2,2 % de l’emploi total (salarié et non salarié) ce qui positionne la Métropole au 13ème rang des 22 métropoles françaises, ce qui est convergent avec le fait que la plupart des autres métropoles sont ou ont été capitales régionales, et accueillent donc des sièges sociaux d’agences d’architecture, de publicité ou de médias.
Point d’alerte néanmoins : alors que l’emploi total est en croissance (+0,9 %), l’évolution du nombre de personnes exerçant dans ces métiers est en baisse (-3,1 % entre 2010 et 2015). Grenoble-Alpes Métropole se distingue des autres métropoles (hormis Nancy et Clermont Ferrand) qui, à l’inverse, bénéficient d’un développement de ces métiers, parfois très soutenu (supérieur à +10 % dans 8 métropoles).

Des emplois salariés rares et spécialisés 

Parmi ces emplois culturels, 3 230 sont des salariés, soit 1,6 % de l’emploi salarié total. Là encore, Grenoble se situe plutôt dans le bas du classement des métropoles mais dans les mêmes proportions qu’Aix-Marseille, Nantes ou Lille, pourtant marquées par un engagement culturel fort (capitales européennes de la culture…). Là aussi, plus que les taux, ce sont les types d’emplois qui sont intéressants : c’est le secteur de l’audiovisuel et de l’édition écrite qui concentrent près d’un tiers de l’emploi culturel grenoblois (30 %) avec une forte spécificité grenobloise dans ce secteur de l’édition (19 % des emplois contre 14 % dans la moyenne des métropoles). Le spectacle vivant (incluant les activités de soutien et la gestion de salles de spectacles) se positionne au second rang (20 % contre 19 % en moyenne), suivi par l’architecture (18 % avec là aussi une forte spécificité puisque seulement 12 % en moyenne).

Une connaissance imparfaite de la réalité des métiers… mais des éléments sur la question du genre

La nature des emplois culturels mériterait une analyse approfondie, notamment autour des situations d’intermittence. Les données locales en ce domaine n’ont pas été exploitées mais une étude récente de la NACRE, agence régionale pour le développement du spectacle vivant, commanditée par la Drac Auvergne-Rhône-Alpes, éclaire de façon intéressante la situation actuelle de la parité. L’enquête a interrogé en 2018
45 structures auvergnates et rhônalpines (secteur du spectacle vivant et domaine des arts plastiques) dont 10 implantées dans la métropole de Grenoble.

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