À l'aube du XVIIème siècle, Grenoble ne compte que 10 000 habitants. Cette bourgade médiévale doit son développement à la venue de populations extérieures avec une immigration première d'artisans et de commerçants – plus tard d’ouvriers puis d’ingénieurs.
La population augmente significativement à partir de 1851 mais les étrangers ne sont toujours que 2 % en 1881. Pour peu de temps, car, dès 1886, les Italiens (venant alors surtout du Nord du pays) migrent en nombre sur le territoire jusqu’à représenter 88 % des étrangers. Un climat et des tensions xénophobes les accueillent, relayés dans la presse locale, tensions qui finiront par s'apaiser dès lors que les immigrés, pour la plupart ouvriers, participeront aux luttes sociales, puis contribueront à la vie culturelle et associative.

À partir de 1920 et jusque vers la fin des années 50, des habitants de Corato – ville des Pouilles dans le Sud de l’Italie – viennent par milliers s’installer à Grenoble où ils tiendront, par l’importance de leur présence et la diffusion de leur culture, une place particulière. Ce sont eux qui ont, en grande partie, construit Grenoble et la plupart des villes de l’Isère. Ils sauront à la fois s’intégrer et préserver leur identité.
À cette époque, les étrangers constituent 7,6 % de la population grenobloise, puis passent à 18 % en 1931 pour une agglomération de 110 500 habitants. Les communes limitrophes se peuplent avec l'apport d'étrangers, principalement italiens, mais aussi arméniens, polonais... On compte 33 % d'étrangers à Saint-Martin-d'Hères, où les Italiens ne sont qu'en majorité relative.

La crise économique puis la guerre entraîneront un net recul de l'immigration, avant qu’une nouvelle période d'expansion économique et démographique ne fasse appel aux migrants, du Sud de l'Europe et d'Afrique cette fois.
En 1962, 8 000 rapatriés d'Algérie arrivent à Grenoble. Ces migrants sont le plus souvent « les soutiers de la croissance, occupant les postes les plus pénibles, les moins qualifiés » comme le souligne Éric Vial, Professeur à Université de Cergy-Pontoise, tandis que les Piémontais les plus anciennement installés commencent à accéder à des emplois de cadres et techniciens.
Par la suite, la part d'Italiens ne cessera de baisser, sous l'effet de flux moindres et des naturalisations, au profit d'Espagnols, de Portugais et d’Algériens. Les Algériens occupent eux-aussi une place particulière à Grenoble : présents depuis 1932, ils composent 80 % de la population originaire du Maghreb en 1962. Plus récemment, d'autres nationalités d'Afrique ou d'Asie sont venues diversifier les profils, au sein toutefois d'un mouvement de baisse continue de la part d'étrangers qui passe de 13 % en 1975 à 11 % en 2000.
Différentes strates et typologies d’immigrés cohabitent ainsi aujourd’hui, avec une immigration italienne et algérienne fortement surreprésentée par rapport aux moyennes nationales.


 

Immigré

Selon la définition adoptée par le Haut Conseil à l'Intégration, un immigré est une personne née étrangère à l'étranger et résidant en France. Les personnes nées françaises à l'étranger et vivant en France ne sont donc pas comptabilisées. La qualité d’immigré est définitive : une personne continue d’appartenir à la population immigrée, même si elle devient française par acquisition.

Étranger

La population étrangère est définie en fonction d'un critère de nationalité : est étrangère toute personne résidant en France qui n'a pas la nationalité française.

DÉFINITION

Les populations étrangères et immigrées ne se confondent pas. Un immigré n’est pas nécessairement étranger : on compte 48 500 Français par acquisition et 32 600 étrangers nés à l’étranger parmi les immigrés de la zone d’emploi de Grenoble. Parmi les 49 800 étrangers qui résident dans la zone d’emploi, 17 200 sont nés en France (les mineurs notamment) et 32 600 sont nés à l’étranger.

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